mai 5

Contribution à l’atelier Education EDGE‘’Besançon, ville ouverte aux jeunes’’Créer un office et un conseil communaut

3 commentaires

 

Jean-pierre Billot

Contribution à l’atelier Education EDGE

‘’Besançon, ville ouverte aux jeunes’’

Créer un office et un conseil communautaire de la jeunesse, installer au centre de l’agglomération une maison des étudiants et des lycéens qui devrait disposer d’une application dédiée et relier par des transports publics gratuits les trois campus ...quelques unes des pistes qu’ EDGE devrait ouvrir.

Avertissement au(x) lectrice(s) ou lecteur(s)

Cette contribution est longue : « il s’agit seulement d’avoir le temps de montrer ce qu’on voulait ,si on ne peut pas faire ce qu’on veut » Paroles de ministre :propos de Rouiller ‘’,savetier et ministre de l’Instruction publique de la commune de Paris (l’Insurgé,Jules Vallès ).

Elle sera déclinée en trois volets :

- Un état des lieux

-Des pistes pour le futur

-Un retour sur Besançon ,ville universitaire

Premièr volet

Préambule

-le titre de ma contribution est un clin d’oeil personnel au concepteur de Bvoj.

-Rappel (peut-être nécessaire )

Cette contribution déborde le cadre institutionnel de la ville et de la communauté urbaine.En ce qui concerne la jeunesse et donc la scolarisation,les périmètres fixés par la loi Notre sont les suivants :

-la Région gère les Lycées et la formation professionnelle

- le Département les collèges

-La Commune les écoles élémentaires et maternelles .

Le sport ,la culture et l’éducation populaire sont des compétences partagées entre la Région et le département.Pour la jeunesse,rien ne relève de la communauté urbaine.

Les personnels enseignants sont recrutés (dans l’enseignement public),formés , gérés et payés (mal ) par le Ministère de l’Education Nationale;le MEN assure les traitements des personnels de l’enseignement privé sous contrat d’association (loi Debré ).

Les collectivités locales ont en charge les personnels ouvriers et de service (Régions pour les lycées et les EREA,départements pour les collèges).

Les communes outre l’entretien des locaux et le service de cantine (non obligatoire selon la loi ) ont en charge les ATSEM;à noter que 75% des sommes dépensées par les communes pour les élèves de primaire et maternelle sont affectées aux dépenses de personnel.A note aussi qu’à travers la gestion d’installations sportives ,la mise à disposition d’animateurs sportifs ou d’animateurs socioculturels les communes offrent des prestations dont bénéficie pour une part les jeunes résidents .

L’Université ne relève pas à priori de la compétence d’une collectivité locale.

Les Régions comme les communes d’accueil d’un centre universitaire se font fort de conforter leur pôle universitaire à travers des politiques spécifiques;elles en font même parfois leur image de marque;les moyens de ces politiques sont cependant toujours très limités et pas toujours judicieusement orientés(cf. offensive publicitaire de Dijon) et la présence (institutionnelle) au Conseil de l’Université du maire de la commune concernée (ou de son représentant ) se limite souvent à une participation symbolique,la simple caution muette d’un notable ;il en va de même pour le représentant de la Région.

En conclusion de ce préambule:

Dans le cadre d’une démarche pour un Espace de débat des gauches et des écologistes il est important de déborder le cadre institutionnel et surtout de ne pas s’interdire d’analyser les politiques gouvernementales en matière d’Education et de Jeunesse.Il est donc indispensable de prendre position sur les réformes en cours .

Etat des lieux

I)constat chiffré :

Besançon une ville dont les résidents sont des jeunes

pour les chiffres détaillés se reporter aux dernières publications de l’Insee (25/02/2019)

Besançon: www.insee.fr/fr/statistiques/2011101?geo=COM-25056

Pour la CU il n’y a pas de statistique globale mais on peut se reporter utilement aux données de la zone d’emploi de Besançon plus large que la communauté urbaine (300 000 habitants alors que la CU n’en compte que 190 000):

www.insee.fr/fr/statistiques/2011101?geo=ZE2010-4301#chiffre-cle-1

Voir aussi sur le site du rectorat les effectifs des lycées bisontins et des collèges de la communauté urbaine www.ac-besancon.fr.

Pour une approche plus globale sur le site de la Direction Régionale de la Jeunesse,les Sports et la Cohésion Sociale les chiffres clefs 2017 pour la Région

Elle w.bourgogne-franche-comte.drdjscs.gouv.fr/spip.php?article 1062

Besançon compte 4500 collégiens (9000 pour la CU )

un peu moins de 10 000 lycéens et 20500 étudiants ….si on ajoute à cette population scolarisée les élèves de primaire et de maternelle et les personnels (enseignants et non-enseignant ),on peut conclure qu’un(e) bisontin(e) sur deux fréquente un établissement scolaire .

II)un groupe à une période charnière de la vie

Parler ‘’ des jeunes ‘’ relève d’une facilité linguistique et conduit à regrouper sous le même vocable des groupes très hétérogènes,avec des différences marquées : âge,type et niveau d’études voire d’activités,statut social et familial,situation économique etc .Sous le vocable ‘’ jeunes’’,se trouvent rassemblés les collégiens ,les lycéens ,les étudiants ,les apprentis et les jeunes travailleurs ou chômeurs ,c’est à dire les pré-adolescents ,les adolescents et les jeunes adultes.

Cependant il est possible de dégager des lignes de force communes pour réfléchir aux réponses à apporter à cette partie importante de la population de Besançon et de la Communauté urbaine: les jeunes sont des individus en construction ,en devenir, certes à des stades différents mais avec des besoins communs .

N’étant pas encore,pour la grande majorité d’entre eux,dans la vie active,ils ont donc des besoins spécifiques liés à cette situation; ce sont d’ailleurs les moins de 25 ans qui sont les plus nombreux statistiquement à vivre sous le seuil de pauvreté:dans la tranche d’âge 18-24 ans près d’un jeune sur quatre vit sous le seuil de pauvreté ...en 2004 ils n’étaient que 18% dans cette situation!Quand les 18-24 ans actuels occupent un emploi c’est en général un emploi précaire ,rarement à plein temps ,souvent un emploi ‘’ubérisé’’et toujours mal rémunéré .

Ce sont donc d’abord des besoins économiques auxquels il faut répondre et si la question du niveau des salaires se pose aussi pour la jeunesse comme catégorie d’âge,elle se pose de manière indirecte (les ressources familiales ) ou pour une minorité;la réflexion doit donc s’orienter vers les moyens d’une réelle et totale gratuité des études et d’une politique familiale efficiente pour éradiquer la pauvreté chez les jeunes.Les bourses doivent constituer une réponse mais peut-être faut-il, en particulier pour les jeunes majeurs, réfléchir à un système de pré-salaire et pas seulement pour les métiers en crise recrutement (l’enseignement par exemple )où les pré-recrutement sont indispensables et évidemment pas seulement non plus dans le cadre de la Fonction Publique .

Les jeunes constituent un groupe d’individus en construction sur un plan collectif et individuel;ils développent des codes, des pratiques et un ou des langages spécifiques à la fois communs et différenciés tant sur le plan culturel ,sportif et des pratiques de la vie quotidienne …de la musique qu’ils écoutent ,des jeux qu’ils pratiquent sur leur smartphone ,la culture de rue qu’ils développent (street art , skate board ..,soirées du jeudi au centre-ville ou rave party ).Dans cette période de la vie se jouent aussi la découverte de soi et de l’autre, de la vie en groupe,de l’engagement collectif ou individuel ou du repli sur soi,de la sexualité, de l’empathie ou de la violence tournée vers soi ou vers les autres ,des conduites à risques …

Ce positionnement à l’orée de la vie adulte nécessite au quotidien des réponses culturelles,médico-sociales, sportives ,associatives etc;elles existent pour une part mais les jeunes n’y accèdent pas toujours ;elles aussi pour certaines à construire.

A noter quelques spécificités locales:

-Besançon-ville est le point de convergence de l’ensemble des lycéens de la Communauté Urbaine. La situation est différente pour les collégiens,la moitié des établissements étant situés en périphérie.La question de la mobilité est donc essentielle et elle ne doit pas être posée uniquement dans le cadre scolaire .

-5000 étudiants qui suivent les cours des UFR de Besançon sont étrangers soit un sur quatre ;c’est une chance pour l’Université et pour la ville (et la Communauté Urbaine )mais c’est aussi une responsabilité qui devrait mobiliser toutes les énergies locales.

III) Les Réponses actuelles

Évidemment la jeunesse n’est pas laissé en déshérence et des réponses existent .

Sur le plan matériel les conditions d’accueil ne sont pas toujours idéales:l’investissement dans les lycées s’est considérablement ralenti depuis plus d’une décennie et la Région de Bourgogne Franche-Comté est dans le peloton de queue pour les dépenses régionales par lycéen comme d’ailleurs le département du Doubs dans son domaine de responsabilité (les collèges).Quant à l’Université la maison des Sciences de l’Homme vient d’ouvrir ,un plan de rénovation du campus de la Bouloie est en cours d’élaboration mais beaucoup reste à faire pour donner aux étudiants bisontins des conditions d’études optimales .

Pour les étudiants se pose aussi la question du logement :le Crous ne dispose pas de chambres en nombre suffisant pour répondre à la demande en particulier au centre-ville;il est aussi urgent de terminer la rénovation des bâtiments de la Bouloie ;certaines chambres sont encore ‘’dans leur jus d’origine’’ ,l’orée des années 70.Le coût des loyers obèrent donc souvent le budget des étudiants obligés de se loger dans le privé ;ils doivent alors économiser sur la nourriture ,la santé et les loisirs .

Sur le plan médico-social le suivi les collégiens et les lycéens est assuré par les infirmières des établissements qui organisent à travers les clubs santé une information sur la sexualité ,la contraception et sur les addictions .La profession a,elle aussi,été victime des suppression des postes dans le second degré ..alors qu’il serait nécessaire de renforcer les moyens pour la prévention.En ce qui concerne les étudiants ,on peut parler de désert médical à tel point que des enquêtes récentes ont révélé que l’état sanitaire de la population estudiantine était tel que la cote d’alerte était atteinte.Une réponse possible le retour à des dispensaires de quartier qui pourraient être utiles aussi pour la frange âgée de la population.

Enfin sur le plan culturel et sportif des réponses existent sur le plan municipal avec des lieux tels les maisons de quartier ou de villages ,les salles de concert (Rodia ,le Bastion etc ), les installations ‘’ouvertes’’(terrains de sport ,skate parcs etc), les lieux culturels (théâtres dont le Petit théâtre de la Bouloie, musées,salles de concert -Rodia ,le Bastion -les bibliothèques et les cafés ‘’concerts’’).Tirant l’essentiel de leurs ressources de subventions et donc d’argent public, les associations et les clubs sportifs assurent une part importante de l’animation culturelle et sportive.

Tous les lycéens et collégiens bénéficient d’une éducation physique et sportive (EPS) dans le cadre scolaire et peuvent prolonger cette activité dans le cadre de l’UNSS (Sport scolaire et Universitaire )...les étudiants y ont accès sur la base du volontariat et sont fort peu nombreux à faire ce choix .

En matière d’animation culturelle ,la situation est inverse :pour les étudiants l’offre est importante et les relais d’information nombreux de Radio-Campus à l’affichage sur les lieux de cours.Les établissements de l’Education Nationale ne disposent pas à l’inverse des lycées agricoles (celui de Dannemarie sur Crête situé dans la Communauté Urbaine par exemple ) d’un secteur socio-culturel animé par des professionnels ...des collaborations s’établissent avec les maisons (municipales) de quartiers ou de villages mais elles sont dépendantes des connexions et des bonnes volontés locales.

Les réponses ne sont pas toutes à la même hauteur sur l’ensemble de la Communauté Urbaine même si à priori tous les jeunes de la Communauté Urbaine peuvent avoir accès aux animations et aux installations de l’ensemble de l’agglomération bisontine.Les réponses en matière d’animation sportive et culturelle sont certes nombreuses et variées sans pour autant toujours rencontrer leur public.

 

Jean-pierre Billot

Contribution à l’atelier Education EDGE

‘’Besançon, ville ouverte aux jeunes’’

Deuxème volet

«vous croyez peut-être que nous n’avons fait que caramboler et que soiffer depuis que nous sommes ici?Non! Nous avons essayé de bâcler un programme(...)Tenez! ( ...) dites-moi tout de même ce que vous en pensez!» Paroles de ministre ;toujours le même: le grand Rouiller ,ministre de l’Instruction Publique de la Commune (l’Insurgé Jules Vallès ).

Des pistes pour le futur

I)Coordination de l’existant et offres nouvelles

D’aucuns argueront que beaucoup est déjà fait pour les jeunes mais qu’ils ne font pas l’effort de recherche pour y accéder .C’est un faux procès et il faut d’abord relever qu’il y a une grande inégalité d’accès aux activités et services proposés car l’information n’est pas toujours partagée;cette inégalité d’accès recouvre souvent d’autres inégalités, inégalités économiques et sociales ,culturelles ou inhérentes aux problèmes de mobilité.

Quelques exemples:il existe un ministère de plein droit (pas un secrétariat d’Etat) à la jeunesse ,aux sports et à la cohésion sociale mais les seules communication ministérielles sont centrées sur les jeux olympiques 2024 …. parfois sur le service civique volontaire .Quel jeune sait qu’il existe une direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale(DRJSCS)situé à Dijon?Par contre l’antenne du CRIJ (centre d’information jeunesse) est située à Besançon;il serait intéressant de disposer d’études qualitatives et quantitatives sur sa fréquentation comme pour d’autres organismes d’ailleurs.Un travail que les collectivités locales pourraient confier à un laboratoire de l’Université de Franche-Comté.Dans un autre registre un débat récent sur l’activité de la maison de quartier de Montrapon a fait apparaître que les résidents de la Bouloie,voisins immédiat de ce lieu en ignoraient totalement l’existence.

L’information sur ce qui existe et la coordination des secteurs et des intervenants est donc une nécessité absolue .

On pourrait songer à la création dans le cadre de la Communauté Urbaine d’un Service de la jeunesse ou d’un office de la jeunesse qui aurait cette vocation. La vocation première de ce service ou de cet office serait de collaborer avec les autres secteurs similaires de l'État ,de la Région,du Département et des collectivités de la Communauté Urbaine et de le mettre en synergie ;ce ne serait pas une tâche aisée mais elle est indispensable.Ce service ne serait pas obligatoirement à créer ex nihilo:il pourrait s’appuyer sur des démarches similaires existant dans l’une ou l’autre des collectivités locales composant la Communauté Urbaine.Avec une structure de type office il serait nécessaire de réfléchir à la composition du conseil d’administration de cet organisme, à la représentation des différents intervenants et à la présence des usagers en évitant de construire une structure pléthorique ,une usine à gaz inopérant comme ont pu l’être certains offices municipaux des sports.

La réponse doit aussi s’incarner dans un lieu,un lieu unique ;des lieux comme le CRIJ ou la maison des étudiants de la Bouloie par exemple existent déjà mais il serait illusoire de s’en contenter;il faut une réponse nouvelle incarnée dans un lieu nouveau:une maison pour les lycéens(voire les collégiens) et les étudiants située au coeur de la ville et où les jeunes pourraient à la fois se retrouver et trouver des réponses à certaines de leurs préoccupations.Situé au centre de l’agglomération ,l’ancien hôpital Saint Jacques qui doit accueillir une grande bibliothèque a vocation à accueillir une maison des lycéens et des étudiants.

Mais un lieu, même un lieu convivial et accueillant ne suffira pas à apporter aux jeunes de la communauté Urbaine les informations dont ils doivent disposer pour accéder aux services qui les concernent.Actuellement’’ l’information papier ‘’ des différentes collectivités locales passe par leur presse institutionnelle qui ne semble pas être la lecture favorite des jeunes génération;le Conseil Régional utilise la presse locale comme support avec la publication mensuelle du supplément ‘’Topo’’ mis à disposition gratuitement des lycéens et des étudiants dans les établissements qu’ils fréquentent;le CRIJ assure la responsabilité éditoriale de ce média.La qualité éditorial n’est pas en cause mais le nombre des lecteurs semble assez restreint:il serait sans doute nécessaire de faire une enquête de lectorat dans le cadre d’un travail universitaire avec un laboratoire de sociologie par exemple.

Chaque organisme a aussi son site internet avec un ou des onglets particuliers destinés à la jeunesse. Un service ou un office de la jeunesse pourrait en ajouter un ...supplémentaire avec l’ambition de faire mieux ,plus efficient et plus attractif .Mais il est peut-être temps de se mettre au diapason des jeunes et de créer une application jeunesse qui regroupe l’ensemble des informations utiles et l’accès aux démarches les plus courantes. Le service ou l’office municipal des jeunes aurait vocation à gérer cette application qui pourrait être d’ailleurs une maison des étudiants virtuelle .

II)un fonctionnement démocratique

Les jeunes désirent être écoutés et entendus même si la réciproque n’est pas toujours vraie quand ils se confrontent à leurs contemporains (adultes ou jeunes de leur âge).C’est donc une période essentielle pour l’apprentissage du dialogue et de la démocratie:il est donc important de mettre en place des mécanismes et des organismes qui permettent d’informer les jeunes, de les consulter et de prendre en compte leurs avis .

Les jeunes sont aussi à une période de leur vie où ils s’engagent pour une cause à la faveur d’un événement ponctuel ,suite à une réflexion personnelle , par amitié etc. Ces engagements pour des causes et des objectifs multiples peuvent être durables ou éphémères;ils sont généralement altruistes même s’ils peuvent parfois dévoyés.

Une Communauté Urbaine bisontine ouverte aux jeunes se doit de favoriser l’engagement associatif, syndical et politique des jeunes en donnant aux associations les moyens d’exister (locaux ,subsides ..) et en les considérant comme des interlocuteurs en tenant compte de leur représentativité et de leur activité.Le syndicalisme étudiant existe toujours même s’il a perdu de son lustre d’antan;les étudiants salariés sont parfois regroupés dans des syndicats spécifiques ou constituent des sections particulières dans un syndicat de salariés et les partis politiques ont la plupart du temps des organisation de jeunesse .Il faut que les lycéens bénéficient des mêmes droits et que l’expression syndicale,politique et associative soit possible dans les établissements;pour les collégiens c’est sans doute l’engagement associatif qui devrait être favorisé.

Pour favoriser l’apprentissage de la démocratie et l’engagement de la jeunesse ,pour ne pas construire en dehors d’elle, des politiques qui la concerne,il est possible en s’appuyant sur l’expérience des conseils municipaux des jeunes,d’imaginer un conseil communautaire de la jeunesse .Il faudrait éviter de construire ‘’une usine à gaz ‘’,un organisme lourd à gérer et à terme condamné pour son inefficacité.Il faudra sans doute faire preuve d’imagination pour croiser une représentation directe (par élections spécifique ) avec une représentation à travers les associations (sportives ,culturelles ,humanitaires ) et les syndicats et sections politiques propres à la jeunesse en tenant compte des niveaux d’âge et de la situation ‘’professionnelle ‘’(jeunes travailleurs ,apprentis,jeunes au chômage ,étudiants ,lycéens, collégiens ).A priori un fonctionnement par sections spécifiques avec des Assemblées Générales trimestrielles paraît possible; et puis soyons réalistes et laissons l’imagination prendre le pouvoir .

 

Jean-pierre Billot

Contribution à l’atelier Education EDGE

‘’Besançon, ville ouverte aux jeunes’’

Jean-pierre Billot

Contribution EDGE

Troisième volet

« A ceux qui nourris de grec et de latin sont morts de faim ,je dédie ce livre.» Jules Vallès dédicace du Bachelier .

Petit conseil :lisez la trilogie de Vallès:L’enfant ,le Bachelier ,l’Insurgé

Besançon une ville universitaire

Nul ne conteste que la population de Besançon et par ricochet celle de la communauté urbaine est pour une large part composé d’étudiants et qu’ils sont ultra-majoritaires dans la tranche d’âge 18-25 ans ...et qu’ils forment un groupe dynamique mais avec des moyens financiers limités.

I) L’Université au coeur de la cité :

Dans le cadre d’un contrat Région-Agglo,l’agglomération ,la ville de Besançon,la Région,Université et le Crous viennent de rendre public un plan de rénovation du campus de la Bouloie:investissement prévu 156 millions d’euros.Le campus date des années 60/70 ,époque où le modèle dominant était le campus à l’américain éloigné du centre des villes;l’époque semble heureusement révolue mais les implantations choisies restent.

Le plan implique une liaison aisée ,rapide et sans rupture entre les trois zones universitaires de l’agglomération bisontine Bouloie,Hauts-du-Chazal ,Centre-ville.Elle est à faire d’urgence et doit s’accompagner d’un plan ambitieux pour les transports publics dans la communauté urbaine avec gratuité des transports publics avec au moins pour les étudiants et les lycéens .Il faut espérer que pour l’élaboration de ce plan de rénovation la communauté universitaire a été largement consulté ,y compris les étudiants et qu’elle sera associée lors de la mise en oeuvre .

A noter que mises à part -et encore- les lycées Paris(Graviers Blancs ) et Ledoux (Thémis ),les lycées bisontins ne sont pas tournés vers le campus de la Bouloie;l’attractivité du centre ville est beaucoup plus grande. La mobilité dans le cadre de l’agglomération (Tram nord-Sud ,croix ferroviaire, stations de vélocty y compris à la bouloie et aux Hauts de Chazal etc ) est déterminante au quotidien pour les jeunes de l’agglomération;pour eux la mobilité s’impose comme un droit à rendre effectif et.. gratuit.

Le ‘’campus centre-ville’’ doit bénéficier du même effort que celui fait pour la rénovation du Campus de la Bouloie; la rénovation des locaux de l’Arsenal et le choix d’un vocation estudiantine pour l’ancienne hôpital Saint Jacques sont des enjeux essentiels pour confirmer Besançon comme ville universitaire importante:outre une ou des bibliothèque et une maison des étudiants et des lycéens , on peut imaginer des logements étudiants(en mixité avec une résidence pour seniors ?) ,des lieux conviviaux et de service et pour l’Arsenal des lieux d’études rénovés et fonctionnels ...

Faire de cet espace un coeur de cité .

Dans le choix a été fait de transférer le Jardin botanique à la Bouloie ;on aurait pu imaginer son retour au centre ville car il fut une époque lointaine où existait dans l’enceinte de Saint Jacques à la place de la maternité dont les locaux sont désaffectés ,un jardin botanique.Il semble possible qu’après des aménagements dégageant des surfaces libres (démolition de locaux vétustes ?),une annexe du jardin botanique réintégre le centre ville et soit un lieu d’échange entre le monde universitaire et la population ainsi que le pendant-ouest du parc installé sur la friche des Prés de Vaux .

A noter que les locaux universitaires de la place Leclerc n’ont toujours pas trouvé de destination; le Crous manque de chambres surtout au centre;une opération conjointe Crous -ville de Besançon ou Crous -Communauté urbaine serait sans doute souhaitable; elle est aussi possible sur l’ensemble de l’agglomération dans des locaux qui sont ou vont être disponibles (opération de transformation de bureaux en logements ,logements étudiants dans le cas qui nous occupe).

II)Soutien aux formations

Soutien à l’Université de Franche-Comté

L’affirmation de la vocation universitaire de Besançon passe par un soutien aux formations dispensées et par l’aide à la création de secteurs nouveaux :ISI FC (École d’ingénieurs pour le bio-médical) création d’une-learning center etc .

Le soutien doit aussi permettre de conforter les réseaux existant,en particulier les réseaux dans lesquels les collectivités locales sont parties prenantes type communauté du savoir qui est dans la mouvance de l’Arc Jurassien; de même dans le cadre des opérations de jumelage ou de coopération internationale la ville et la communauté urbaine doivent associer et mettre en avant le potentiel universitaire bisontin:échanges pour les étudiants ,accueil d’étudiants ,d’enseignants et de chercheurs étrangers.L’une des fonctions de la Maison des étudiants et des lycéens devrait être de fédérer et de centraliser les initiatives et les services qui existent au service de l’accueil des étudiants étrangers et en direction des lycéens et des étudiants qui souhaitent ou sont parfois obligés dans le cadre de leur cursus d’effectuer un séjour à l’étranger.

La place des étudiants étrangers est reconnue mais il faut faire plus pour qu’ils soient encore plus nombreux et que l’agglomération bisontine dans son ensemble profite de leur présence.Les collectivités locales doivent être en première ligne dans le refus de l’augmentation des droits d’inscription pour les étudiants étrangers,augmentation qui est le prélude à une augmentation des droits pour tous les étudiants et donc à une sélection par l’argent pour la poursuite d’études à l’université.

Soutien aux voies de formation des lycées publics

Dans le même ordre d’idées on doit souhaiter que les collectivités territoriales s’engagent dans la défense des voies de formations existantes menacées par les réformes en cours et les choix de certaines collectivités.Même si les effets seront surtout visibles à partir de 2021 la réforme Blanquer fragilise la voie générale et les formations technologiques en réduisant les possibilités de choix pour les élèves - la propagande gouvernementale mensongère se heurte dans ce domaine comme dans tant d’autres à la réalité. Cette réforme change aussi la nature du baccalauréat qui ne sera plus qu’un diplôme’’ maison’’ de fin d’études secondaires.

La voie professionnelle (les lycées professionnelles ) subit une triple attaque:en Franche-Comté ,elle a été déstabilisée par l’exécutif régional qui pour faire des économies,a décidé de réduire le nombre de mètres carrés occupés par les formations professionnelles ...ce qui a conduit à la fermeture de sections et d’établissements.Les Régions ont la maîtrise de la formation professionnelle et de l’apprentissage;c’est en s’appuyant sur une politique gouvernementale (une vieille lubie de tous les gouvernements depuis 20 ans ),la relance de l’apprentissage que la région a initié cette casse de l’enseignement professionnel public.Si l’apprentissage dans le post bac et sous statut scolaire et universitaire est une solution possible,il n’est pas acceptable pendant la période de scolarité obligatoire et ne peut donc être mis en concurrence avec l’enseignement professionnel.La troisième cause de déstabilisation de l’enseignement professionnel initial est la réforme Blanquer qui ressert le temps de formation, appauvrit les contenus d’enseignement en particulier les contenus d’enseignement général .Les collectivités locales se doivent a contrario de favoriser l’enseignement public technique, professionnel et général en accueillant dans les meilleures conditions les stagiaires de ces ordres d’enseignement ,en favorisant la formation des personnels chargés de leur encadrement et en valorisant cette fonction dans le cadre de la VAE(validation des acquis de l’expérience) par exemple.EDGE doit se prononcer clairement pour un développement du service public d’éducation qui donne à tous les jeunes le droit à la formation y compris la formation professionnelle,à la culture et à l’exercice de la citoyenneté.

Pour ne pas conclure

Jeunes et anciens ,vivre en harmonie Dans Besançon intra cohabitent de nombreux jeunes et de nombreux retraités;sans tomber dans l’intergénérationnel ‘’traditionnel’’ un peu pavé comme l’enfer de bonnes intentions,il est possible d’imaginer des solutions pour permettre la cohabitation harmonieuse de ses deux populations à travers des services communs ou des services mutuels :ces solutions peuvent exister dans le cadre de l’habitat collectif (foyers logements ou résidences du troisième âge ) ou dans le cadre d’échange de savoirs:l’Université ouverte est par exemple , un secteur qui doit réunir toutes les générations Besançon,ville des jeunes BVOJ (Besançon ,ville ouverte aux jeunes) était à l’origine un festival de printemps pour la jeunesse. En septembre se déroule le festival de musique ‘’classique’’avec son concours du jeune chef d’orchestre qui a fait la réputation de Besançon...l’événement reste important mais ne concerne que très marginalement les étudiants et les lycéens bisontins.Par contre Besançon est cernée par des festivals estivaux (le FIMU et Eurockéennes à Belfort ,les festivals de Métabief ou de Fraisans …)qui drainent un public jeune.Réfléchir à un événement qui témoigne que Besançon est une ville ouverte aux jeunes n’est donc pas chose aisée:plutôt qu’un événement bloqué sur une période déterminée ,il faut peut-être songer à instaurer une série d’événements sur l’ensemble de l’année,une série de rendez-vous (mensuels ?)de fin de semaine en alternant ...concerts ,manifestations sportives ,forums, ouverture vers le street art... ;une enquête auprès du public concerné s’impose et permettra de concevoir une démarche qui puisse répondre un minimum aux aspirations de la jeunesse .
Derniers posts
  • Black Facebook Icon
  • Black Twitter Icon